La Mitsubishi Lancer Evolution est une référence en compétition, particulièrement en time attack (discipline chronométrée visant à réaliser le meilleur tour de circuit). Pour exploiter pleinement son potentiel, l’installation d’un système de freinage haute performance devient indispensable. Ce guide détaille les étapes d’installation, le choix des composants et les réglages essentiels pour optimiser votre freinage sur circuit.
Choisir le bon kit de freinage haute performance
Le choix du kit détermine directement l’efficacité et la fiabilité de votre système. Pour une Lancer Evolution destinée au time attack, privilégiez des composants adaptés aux contraintes thermiques et mécaniques du circuit.
Les étriers monoblocs (pièce d’un seul tenant usinée dans la masse) offrent une rigidité supérieure aux étriers d’origine. Optez pour des modèles à 6 ou 8 pistons à l’avant et 4 pistons à l’arrière. Les marques reconnues comme Endless, Stoptech ou Brembo garantissent une qualité éprouvée en compétition.
Les disques doivent mesurer au minimum 340 mm de diamètre à l’avant pour une dissipation thermique optimale. Les disques deux pièces semi-flottants, composés d’un bol en aluminium et d’une piste en acier, réduisent le poids non suspendu et permettent une meilleure gestion de la dilatation thermique. Certains modèles intègrent des rainures ou perforations pour évacuer les gaz et améliorer le refroidissement.
Les plaquettes haute performance se déclinent en plusieurs composés selon l’usage. Pour le time attack, les composés RSL29 de Pagid ou RST1 offrent un coefficient de friction élevé (entre 0,47 et 0,60) et résistent au phénomène de fading (perte d’efficacité par surchauffe). Prévoyez également des durites aviation en acier tressé pour éliminer la sensation spongieuse et améliorer la réactivité de la pédale.
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Étapes d’installation du système de freinage
L’installation d’un kit gros freins nécessite méthode et précision. Commencez par lever le véhicule sur chandelles et déposer les roues. Retirez ensuite les étriers d’origine en dévissant les boulons de fixation, puis débranchez les durites de frein en prévoyant un récipient pour récupérer le liquide.
Déposez les disques d’origine en retirant les vis de maintien. Nettoyez soigneusement les moyeux avec une brosse métallique et un dégraissant pour garantir un contact parfait avec les nouveaux disques. Vérifiez l’état des roulements de roue à cette occasion.
Installez les supports d’étriers fournis avec le kit en respectant le couple de serrage (force appliquée pour visser correctement une pièce) préconisé par le fabricant, généralement entre 80 et 120 Nm. Montez ensuite les disques neufs en appliquant une fine couche de graisse cuivrée sur le moyeu pour faciliter les futurs démontages.
Fixez les étriers sur leurs supports, puis installez les plaquettes neuves en vérifiant leur libre coulissement dans les logements. Raccordez les durites aviation neuves en respectant l’ordre de montage et serrez les raccords au couple recommandé. Terminez par une purge complète du circuit hydraulique pour éliminer toute trace d’air.
Points de contrôle après installation
- Vérifier l’absence de fuite au niveau des raccords et des étriers
- Contrôler le jeu entre les plaquettes et les disques (environ 0,5 mm de chaque côté)
- S’assurer que les roues tournent librement sans frottement anormal
- Tester la fermeté de la pédale avant toute mise en route
- Vérifier la compatibilité avec les jantes (dégagement suffisant pour les étriers)
Rodage des plaquettes et disques neufs
Le rodage conditionne les performances et la longévité de votre système. Cette phase crée une couche de transfert entre les plaquettes et les disques, assurant une friction homogène et efficace.
Sur route, réalisez une dizaine de freinages progressifs en ralentissant de 150 à 80 km/h, en espaçant chaque freinage d’au moins 600 mètres. Évitez absolument de bloquer les roues, ce qui créerait des zones de contact irrégulières. Effectuez ensuite cinq freinages plus appuyés de 180 à 60 km/h, puis laissez refroidir le système pendant trois minutes en roulant à vitesse modérée.
Sur circuit, prévoyez cinq tours de rodage avec des freinages progressifs à vitesse moyenne. Augmentez graduellement l’intensité sans jamais solliciter le système à fond durant cette phase. Les plaquettes compétition atteignent leur température de fonctionnement optimal rapidement, mais nécessitent ce rodage pour développer leur plein potentiel.
Après environ 500 kilomètres d’utilisation mixte, votre système atteint sa pleine capacité. Surveillez régulièrement l’état des disques et l’épaisseur des plaquettes, qui ne doit jamais descendre sous 2 mm de garniture.
Réglages et optimisation pour le time attack
L’équilibre de freinage entre l’avant et l’arrière influence directement le comportement du véhicule. Un réglage trop mordant à l’arrière provoque un survirage au freinage, tandis qu’un excès à l’avant génère du sous-virage. Ajustez le répartiteur de freinage si votre kit le permet, ou modifiez les composés de plaquettes pour affiner l’équilibre.
Le liquide de frein haute température constitue un élément crucial. Choisissez un fluide DOT 5.1 avec un point d’ébullition supérieur à 260 degrés pour éviter la formation de bulles de vapeur sous contrainte. Remplacez-le après chaque journée circuit ou tous les six mois pour maintenir ses propriétés.
Installez des conduits de refroidissement dirigés vers les disques pour abaisser leur température de fonctionnement. Ces canalisations, positionnées dans les boucliers avant, captent l’air dynamique et le dirigent vers le centre des disques. Cette modification peut réduire la température de 50 à 100 degrés lors de sessions intensives.
Entretien et surveillance
- Contrôler visuellement les disques après chaque sortie circuit (fissures, déformation)
- Mesurer régulièrement l’épaisseur des plaquettes avec un pied à coulisse
- Purger le circuit hydraulique tous les trois mois en usage compétition
- Nettoyer les étriers et lubrifier les pistons annuellement
- Remplacer les durites tous les deux ans pour garantir leur intégrité
Erreurs fréquentes à éviter
Ne négligez jamais la phase de rodage, même si vous êtes pressé d’exploiter votre nouveau système. Des plaquettes mal rodées perdent jusqu’à 30 pour cent de leur efficacité et s’usent de manière irrégulière.
Évitez de mélanger des composants de marques différentes, particulièrement les plaquettes et les disques. Chaque fabricant optimise ses produits pour fonctionner ensemble, et un assemblage hétéroclite compromet les performances.
N’utilisez jamais de liquide de frein de qualité inférieure aux préconisations. Un fluide inadapté bout rapidement sur circuit, créant une pédale spongieuse et dangereuse. Privilégiez toujours un produit spécifique compétition.
Respectez scrupuleusement les couples de serrage lors du montage. Un étrier mal fixé peut se désolidariser en plein freinage, avec des conséquences dramatiques. Utilisez une clé dynamométrique et vérifiez le serrage après les premiers tours de roue.
Enfin, ne sous-estimez pas l’importance d’un réglage professionnel. Un passage sur banc de freinage permet de vérifier l’équilibre et d’identifier d’éventuels défauts avant de solliciter le système en conditions réelles.
