Transformer un Citroën Berlingo en fourgon aménagé implique souvent de repenser le circuit de refroidissement moteur. Que ce soit pour installer un chauffage auxiliaire, un chauffe-eau ou optimiser la température de l’habitacle, ces modifications requièrent une compréhension précise des composants et des contraintes techniques. Voici comment adapter le système de refroidissement à votre projet d’aménagement.
Pourquoi modifier le circuit de refroidissement sur un Berlingo aménagé
Le système de refroidissement d’origine du Citroën Berlingo est conçu pour réguler la température du moteur. Lorsque vous aménagez le véhicule, plusieurs besoins apparaissent.
L’installation d’un chauffage stationnaire ou d’un chauffe-eau nécessite souvent de puiser dans le circuit de refroidissement. La chaleur produite par le moteur peut être récupérée via un échangeur thermique (dispositif transférant la chaleur d’un fluide à un autre). Cela permet de chauffer l’eau sanitaire ou l’habitacle sans consommer de carburant supplémentaire.
Les principales raisons de modifier ce circuit incluent :
- Récupération de la chaleur moteur pour chauffer l’eau sanitaire
- Installation d’un chauffage auxiliaire à eau
- Ajout d’un aérotherme (radiateur à eau qui diffuse de l’air chaud)
- Optimisation du confort thermique en hiver
- Réduction de la consommation énergétique globale
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Les composants du circuit de refroidissement à connaître
Le circuit de refroidissement du Berlingo comprend plusieurs éléments essentiels. Le radiateur dissipe la chaleur du liquide de refroidissement. Le thermostat régule la température en ouvrant ou fermant le passage du liquide selon la température atteinte.
Le vase d’expansion compense les variations de volume du liquide lors des cycles de chauffe. La pompe à eau assure la circulation du liquide dans tout le circuit. Les durites relient les différents composants entre eux.
Pour un aménagement, vous devrez également considérer :
- Les raccords en T pour dériver une partie du liquide
- Les vannes d’isolement pour sécuriser l’installation
- Le liquide de refroidissement adapté (résistance au gel jusqu’à -25°C minimum)
- Les colliers de serrage (pièces métalliques maintenant les durites)
- Les joints d’étanchéité pour éviter les fuites
Installer un échangeur thermique sur le circuit moteur
L’échangeur thermique constitue la solution la plus courante pour exploiter la chaleur du moteur. Il se raccorde au circuit de refroidissement via deux dérivations, généralement placées sur les durites de retour du chauffage cabine.
Le principe est simple : le liquide de refroidissement chaud circule dans l’échangeur et transfère sa chaleur à l’eau sanitaire ou au circuit de chauffage auxiliaire. Un échangeur à plaques brasées offre un rendement optimal dans un encombrement réduit.
Les étapes d’installation incluent :
- Repérer les durites de chauffage cabine (généralement diamètre 16 ou 19 mm)
- Installer deux raccords en T sur le circuit
- Raccorder l’échangeur avec des durites adaptées
- Prévoir des vannes d’isolement pour pouvoir isoler l’échangeur
- Purger le circuit après installation
- Vérifier l’absence de fuites à chaud
Une surface d’échange d’au moins 0,6 m² est recommandée pour un chauffage efficace. Pour un confort maximal, visez 1 à 1,2 m². Privilégiez un échangeur en acier inoxydable pour garantir la durabilité et la conformité aux normes sanitaires.
Précautions lors du raccordement
Le raccordement au circuit moteur doit respecter certaines règles. Évitez de perturber le fonctionnement de la pompe à eau d’origine en créant une dérivation trop importante. Un débit excessif dans l’échangeur peut réduire l’efficacité du refroidissement moteur.
Installez toujours un circulateur (petite pompe auxiliaire) sur le circuit secondaire pour assurer une circulation continue du fluide. Cela évite les points chauds et améliore le transfert thermique. Pensez également à installer un vase d’expansion sur le circuit auxiliaire pour compenser la dilatation du liquide.
Choisir et installer un chauffe-eau sur circuit de refroidissement
Le chauffe-eau à serpentin représente une solution pratique pour disposer d’eau chaude en roulant. Le serpentin interne est parcouru par le liquide de refroidissement moteur, qui chauffe l’eau sanitaire stockée dans la cuve.
Les capacités courantes vont de 9 à 50 litres. Pour un Berlingo aménagé, un modèle de 20 à 30 litres offre un bon compromis entre encombrement et autonomie. La plupart des modèles intègrent une résistance électrique 230 V pour chauffer l’eau à l’arrêt.
Critères de sélection :
- Capacité adaptée à vos besoins (20 L suffisent pour deux personnes)
- Présence d’une résistance électrique 12 V ou 230 V
- Diamètre de raccordement compatible (généralement 10 mm)
- Pression de fonctionnement (3 bar minimum)
- Temps de chauffe (vérifier les performances annoncées)
- Garantie sur la cuve (5 ans recommandé)
L’installation nécessite de raccorder le serpentin au circuit de refroidissement via deux durites. Prévoyez un emplacement accessible pour faciliter la maintenance. Le chauffe-eau doit être fixé solidement et protégé du gel si vous voyagez en hiver.
Intégrer un chauffage stationnaire à eau
Le chauffage stationnaire à eau fonctionne au diesel ou au gaz et chauffe un liquide caloporteur (fluide transportant la chaleur). Ce liquide circule ensuite dans des radiateurs ou aérothermes pour diffuser la chaleur dans l’habitacle.
Deux montages sont possibles : en série ou en parallèle avec le circuit moteur. Le montage en parallèle est préférable car il évite les problèmes d’équilibrage et permet un fonctionnement indépendant. Vous pouvez ainsi utiliser le chauffage stationnaire moteur arrêté.
Points clés pour l’installation :
- Volume de fluide minimal requis : 4 à 5 litres pour un bon fonctionnement
- Installation d’un vase d’expansion pour faciliter la purge
- Utilisation d’un aérotherme pour diffuser la chaleur (consommation faible)
- Raccordement au circuit moteur via un échangeur pour préchauffer le moteur
- Vannes d’isolement pour séparer les circuits si nécessaire
Les marques reconnues comme Webasto ou Eberspacher proposent des systèmes fiables et économiques. La consommation moyenne est d’environ 0,6 litre de gazole par heure de fonctionnement. L’installation doit impérativement être réalisée par un professionnel agréé pour respecter les normes de sécurité.
Entretien et surveillance du circuit modifié
Une fois les modifications effectuées, un entretien régulier s’impose. Contrôlez le niveau de liquide de refroidissement tous les mois, surtout après les premières semaines d’utilisation. Les circuits modifiés peuvent présenter de petites fuites qu’il faut détecter rapidement.
Vérifiez l’état des durites et des colliers de serrage deux fois par an. Les variations de température et les vibrations peuvent desserrer les connexions. Remplacez le liquide de refroidissement selon les préconisations du constructeur, généralement tous les deux ans.
Surveillez également la température moteur lors de vos trajets. Une surchauffe peut indiquer un problème dans le circuit : débit insuffisant, thermostat défaillant ou air dans le système. Purgez le circuit dès l’apparition de bulles d’air pour garantir une circulation optimale.
En hiver, protégez les parties du circuit exposées au gel. Les échangeurs et chauffe-eaux situés dans des zones non chauffées doivent être vidangés ou protégés par un liquide antigel adapté. Cette précaution évite les ruptures de canalisation qui peuvent endommager l’ensemble du système.
